Icare

Icare

Il a voulu monter
Jusqu’au soleil brûlant
Le héros effronté
L’homme presqu’oiseau blanc

“Regard marin” de Paul Valéry : sur la conception bergsonienne de l’espace

“Regard marin” de Paul Valéry : sur la conception bergsonienne de l’espace

Lorsqu’on arrive au mont Saint-Clair à partir du port de Sète, le cimetière marin s’esquisse impassiblement à flanc de colline derrière le Théâtre de la Mer. Pour l’atteindre, il faut emprunter une petite route sinueuse, s’ouvrant finalement sur l’étendue bleue. Une foispasséel’entrée de la nécropole, ville blanche aux demeures silencieuses et bien alignées ; le regard s’ouvre sur cette double immensité azure, entre ciel et mer qui se confondent. Le visiteur éprouve alors la calme désorientation de l’ensevelissement perpétuel. Il se fraye un chemin parmi les mausolées pentus, promenade descendante et étagée ; mais ne perd pas de vue l’horizon, sans cesse retrouvé. Le promeneur s’abîme entre les tombes sans jamais être submergé par une mer toujours lointaine : impossible descente aux enfers d’un Orphée fasciné par l’immensité qui lui fait face, éprouvant cette infinie confiance de la présence de l’être aimé à son côté : présence nécessairement invisible, et tournée nécessairement comme lui vers le bleu …