Du plaisir de lire de la littérature jeunesse

Après quelques errances littéraires, des déceptions et des écueils, j’ai dernièrement éprouvé des difficultés à goûter les plaisirs de la lecture. Livres trop intellos, ou trop faciles : rien ne trouvait grâce à mes yeux et je commençais à désespérer de trouver le bouquin qui me ferait rêver et replonger dans ma passion de l’écrit. Il faut dire aussi que je me sentais coupable : c’est tout de même un comble pour une future éditrice de ne pas lire ! 

Et puis, dans le cadre de mon travail, j’ai de nouveau ouvert des livres. Des livres d’enfants, cette fois-ci. Abondamment illustrés, pleins de couleurs et de poésie. Les phrases étaient simples, sans fioriture et sans détour. J’ai alors ressorti de mes étagères des albums, que je me suis empressée de dévorer. Par un hasard des choses, je suis allée dans un petit salon de littérature jeunesse ce week-end. Et la lumière s’est rallumée. Je me suis retrouvée quinze ans plus tôt, avec les yeux brillants. Permettez-moi de vous présenter les petites merveilles sur lesquelles je suis tombée :

Le Lac des Cygnes
Charlotte Gastaut
Éditions Amaterra, 2012

Dans ce bel album de taille tout aussi belle, peu de texte. Il semble presque superflu tant les pages regorgeant d’illustrations dentelées – grâce à des découpes laser – se suffisent à elles-mêmes. Les images en bleu nuit, blanc et doré transmettent la magie de ce conte de fée avec grâce : c’est un classique revisité avec succès ! Odette est légère, ses plumes sont ciselées dans le papier. Cet album est un petit bijou, à mettre entre toutes les mains, des petits comme des grands.

Les amants papillons
Benjamin Lacombe
Éditions du Seuil, 2007

Naoko est une jeune japonaise qui doit partir étudier à Kyoto, pour devenir une femme à marier. Mais Naoko souhaite s’instruire comme seulement les hommes le peuvent, et conserver sa liberté à tout prix. Se travestissant, elle étudie l’histoire, les mathématiques et les sciences, auprès de son camarade de classe Kamo, qu’elle apprécie de plus en plus… Mais son père la rappelle à la maison, ayant trouvé un bon parti qu’elle doit épouser… Ce conte légendaire, à la fois tragique, par les thèmes évoqués, et doux, par la puissance métaphorique du texte, se dévore en quelques minutes. Les illustrations de Benjamin Lacombe sont en parfait accord avec les mots : poétiques et sombres, graves et légères, elles subliment le conte en accentuant son ton dramatique.

Louve
Fanny Ducassé
Éditions Thierry Magnier, 2014

Louve, jeune femme à l’épaisse chevelure rousse, vit au milieu des renards. Mais elle est victime d’une malédiction : quand elle est submergée par ses émotions, ses cheveux flamboient, de manière incontrôlable… Jusqu’à ce qu’elle fasse la rencontre de celui qui saura peut-être l’apaiser ! Ici aussi, le ton est poétique, mais l’on retient surtout les illustrations raffinées de Fanny Ducassé, qui est loin d’en être à son coup d’essai chez Thierry Magnier. Le tout donne un livre qui rappelle l’odeur des feuilles mortes et leur craquement sous les pieds, idéal pour accompagner le chocolat chaud des longs mois d’automne…

J’aurais pu citer de nombreux titres encore, mais ces trois-là ont marqué mon esprit (et puis il faut bien en garder sous le pied pour une autre chronique, n’est-ce pas ?). Le but de ce billet d’humeur est surtout de dire que la littérature jeunesse, à condition qu’elle soit de qualité, peut aussi beaucoup apporter aux adultes. J’aime l’écriture à la fois poétique et directe de ces trois albums, qui se savourent comme de petits bonbons (malheureusement dévorés trop vite) … Mais par chance, les bibliothèques et autres librairies sont pleines de pépites à découvrir !

Chloé Roland

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